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La Maine demain. I. Qualité et quantité d'eau

I. Qualité et quantité d'eau

1. Réduire les polluants de toutes sortes.

La réduction des polluants passe par une sensibilisation de l'ensemble de la population et un accompagnement des industriels et des collectivités.

Limiter le traitement chimique des sols permet de protéger non seulement les rivières mais également les nappes phréatiques.

Cette réduction va de pair avec l'installation, par les industriels et les collectivités, de stations d'épuration capables de traiter les rejets en rivière de manière satisfaisante. Mais, malgré ces installations, les rejets dépassent parfois les limites acceptables pour un bon état de l'eau : on y trouve notamment les résidus médicamenteux pour lesquels il n'existe aucune réglementation. Pour filtrer de manière efficace, il faudrait des stations de type nanofiltration. Cela nécessiterait un surcoût du prix de l’eau socialement très peu acceptable.1

 En revanche, à moindre coût et en utilisant les propriétés d'auto-épuration de l'eau par les organismes aquatiques, on pourrait envisager de réaménager certaines retenues de moulins afin de créer des circuits de dépollution où les eaux, en franchissant plusieurs bassins, se nettoieraient naturellement de certains polluants, avant d’être restituées à la rivière.

2. Gérer les ressources disponibles.

Ces dernières années, de graves sécheresses estivales ont fait baisser le niveau des lacs, des rivières, et des nappes phréatiques, entraînant des restrictions d’eau dans toute la France. Avec le changement climatique susceptible d’entraîner des températures encore plus élevées et un temps encore plus sec, nos rivières à plein débit et nos paysages verdoyants pourraient-ils disparaître?

Au cours des cinquante prochaines années, le réchauffement climatique pourrait réduire le débit de nos rivières d’environ 30 %. 2 Gérer la ressource en eau, et notamment en eau potable à usage de nos concitoyens, constitue donc à l'heure actuelle une priorité. En moyenne, chaque personne utilise environ 143 litres d’eau par jour.

Dans "Science et Vie du 12 novembre 2021", Caroline LEJARS, chercheuse au CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) lance un cri d'alerte et  souligne la nécessité "d’une économie moins consommatrice où chacun va devoir faire des efforts, des industriels jusqu’aux municipalités".

"Il devient de plus en plus important de réfléchir à la gouvernance de tout cela, ajoute-t-elle, en essayant d’associer toutes les parties prenantes aux décisions, ce qui a été peu tenté et encore moins évalué ces dernières années, jusqu’à peut-être se poser tous ensemble cette simple question : Quelle valeur sommes-nous prêts à attribuer à l’eau ?"

 

Notes bas de page :

1 https://www.sandre.eaufrance.fr/geo/MasseDEauRiviere_VEDL2019/GR0550
2 https://www.nationalgeographic.fr/crise-de-leau-en-france

 

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La Maine demain. II. Préservation de la faune, de la flore et des paysages

II. Préservation de la faune et de la flore

1.  Veiller au maintien d'un niveau d'eau suffisant en toutes saisons.

Les températures élevées et les faibles niveaux d’eau rendent les rivières plus attrayantes pour les amateurs de soleil et les baigneurs. Toutefois, ce phénomène peut également porter sérieusement préjudice à la faune car l'eau plus chaude favorise la prolifération d’algues toxiques. Si, de surcroît, le niveau d'eau est insuffisant, le risque d'eutrophisation1 augmente et avec lui la possibilité d'asphyxie des espèces endémiques.

  Les chaussées qui assurent le maintien du niveau d'eau et limitent les étiages en période de sécheresse ont un rôle essentiel à cet égard.

Par ailleurs, la remise en fonction des anciens vannages permettrait de réguler le débit d'eau dans la rivière et de "nettoyer"  le lit d'un excès de sédiments en les évacuant au moment de l'ouverture des vannes.

Exemples de vannage 2
 


2. Aménager les chaussées pour faciliter le passage des poissons migrateurs.

La circulation des poissons migrateurs doit rester elle aussi une priorité. Des solutions existent telles les rivières de contournement qui offrent aux espèces un itinéraire évitant la chaussée qui se dresse dans le lit principal. Les passes à poissons, de modèles variés, ont fait plus ou moins leurs preuves.

Enfin, on réfléchit maintenant à des rampes à enrochements qui permettraient aux espèces piscicoles de franchir plus facilement les chaussées.

Extrait de la décision prise par l'EPTB de la Sèvre Nantaise à propos de la restauration de la continuité écologique au droit de l’ouvrage de Nid d’Oie (Clisson - 44) le 15 décembre 2021 :
"Au vu du cadre réglementaire actuellement en vigueur et des différents points abordés pendant la réunion, le comité de pilotage décide de statuer sur le scénario de maintien et d’équipement de la chaussée de Nid d’oie. L’équipement de la chaussée se caractérisera par la mise en place d’une rampe à enrochements en rive droite."

Vue plongeante sur la Maine, photo 2022 prise à partir du porte-vue.
On distingue la passe à poissons, la passe à canoës, la chaussée.
(Photo : nantesmaville.com)

III. Préservation d'un espace naturel

La rivière, c'est aussi la qualité de ses paysages.

Dans l'ensemble, la vallée de la Maine a conservé son caractère d'espace naturel. Mais il est important de contrôler l'urbanisation qui se développe. La construction doit donc faire l'objet de mesures administratives appropriées, afin de limiter l'urbanisation à certains secteurs, et de conserver les paysages ruraux, agricoles ou viticoles.

La rivière doit être accessible au plus grand nombre mais préservée de l'envahissement automobile ou humain. Les zones de stationnement doivent donc déboucher sur des cheminements, réservés aux piétons, pêcheurs et promeneurs.

Le non-entretien de la végétation sur les berges depuis l'abandon du bois comme moyen de chauffage provoque un rétrécissement de la zone d'approche du cours d'eau qui ne permet plus, ou peu, le cheminement. Certaines collectivités ont entrepris de remédier à la carence des riverains en dégageant elles-mêmes les taillis sur les berges et le lit des cours d'eau. Mais cela doit aller avec une sensibilisation de la population et en particulier des enfants qui en seront les porte-paroles.

Par ailleurs, il faut lutter contre les décharges sauvages qui ont souvent pour dernier et discret accueil les cours d'eau … engendrant pollution visuelle et pollution chimique.

Mais cela implique une politique d'ensemble et un financement assuré dans un cadre plus large que celui des communes riveraines parce qu'elles ne sont pas les seules responsables de cet état de fait et que les habitants des communes plus éloignées bénéficieront également de ces mesures.3

 

Notes bas de page :

1 L'eutrophisation est une forme de pollution qui se produit lorsqu'un milieu aquatique reçoit trop de matières nutritives assimilables par les algues et que celles-ci prolifèrent. C'est un phénomène naturel mais il est accéléré par l'apport d'effluents domestiques, industriels, et/ou agricoles et peut conduire à la mort de l'écosystème aquatique en quelques décennies, voire même quelques années. (CNRS.fr, 2011d)
2 http://www.moulinsnormandspicards.org/vannages-panavan.html

3 D'après "Objectifs d'aménagement. La Sèvre et la Maine. Syndicat intercommunal d'aménagement de la Sèvre, de la Maine et de leurs rives.(1975)"

 

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La Maine demain. III. Réinvestissement économique

IV. Réinvestissement économique

L'eau des rivières doit pouvoir aussi apporter à l'ensemble de la population une part non négligeable d'énergie renouvelable.

Extrait du "Livre Blanc sur la continuité écologique, Editions de la Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins" (2017) :

"S’excuser de proposer la destruction des moulins sous prétexte qu’ils ne produisent plus de farine ou encore que les petites installations ne sont pas rentables, c’est oublier un peu vite que la 3e révolution industrielle qui émerge attache autant d’importance à la rentabilité écologique qu’à la rentabilité économique et à la solidarité locale.

L’extraordinaire longévité des turbines, qui en fait l’outil le plus durable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre comme dispositif de chauffage, associé à une production locale d’électricité ou d’hydrogène, surtout en zone rurale profonde, propulsent les moulins dans l’avenir en les transformant en stations-services du futur, parfaitement réparties sur la totalité du territoire français. […]

En plus, grâce à la faculté d’autoépuration, de rétention de l’eau et de refuge, indissociable du seuil1 , les moulins et leurs ouvrages sont les sentinelles écologiques garantes du maintien de la qualité du milieu aquatique, notamment de nos cours d’eau les mieux préservés aujourd’hui. Un potentiel qui justifie le soutien de la nation pour favoriser la remise en activité des moulins et le maintien des seuils, dont la transparence environnementale révélée par des siècles d’existence, n’est plus à prouver. […]"

Les retombées économiques et financières.

Convertir les moulins en petites usines hydrauliques en les réaménageant en usines hydro-électriques écoresponsables sera une source d'emplois extrêmement importante.[…]

En fonction du rapport DAMBRINE qui prévoit l'équipement de 30 000 seuils en France, nous pouvons retenir comme hypothèse l'équipement de 6 000 seuils par an pendant 5 ans. En matière d'emploi, cela se traduit par 25 000 emplois pour l'économie sociale et solidaire, dont 15 000 emplois d'ingénieurs, techniciens et ouvriers hautement qualifiés. En termes de chiffre d'affaires, cette reconversion est estimée à 1,3 milliard d'euros par an pendant 5 ans. A titre de comparaison, le milliard d'euros d’investissement réclamé aux entreprises de gestion des autoroutes ne va entraîner la création que de 5 000 emplois sur une seule et unique année. Pour la transition énergétique en supposant que ces 6 000 moulins ont un potentiel moyen de 36 kW, niveau correspondant à l’appel d’offres actuellement en cours, ils ne fourniront pas moins de 1 TWh dès la 1ère année."2

La prise en compte administrative et financière par l'Etat des petites installations hydroélectriques qui produisent une énergie décarbonée bon marché est donc l'une des pistes à envisager pour une meilleure gestion de l'électricité dans les prochaines années.

 

Notes bas de page :

1Seuil d'un moulin : L'ONEMA et le CEMAGREF désignent aujourd'hui comme "seuil" tout ouvrage fixe ou mobile (ou fixe et équipé d'une partie mobile) construit dans le lit mineur d'un cours d'eau et qui le barre en partie ou en totalité.

2 Livre blanc sur la continuité écologique. Editions de la Fédération française des Associations de sauvegarde des moulins.

 

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La Maine. Conclusion et remerciements

Conclusion

Si, par le passé, la Maine a été vitale dans le quotidien des habitants et support de toutes sortes d'activités industrielles, aujourd'hui, elle semble un peu endormie et son utilité remise en cause.

Pourtant, elle mérite toute notre attention si nous voulons la préserver et lui conserver son caractère propre : une rivière encore sauvage et capricieuse, terrain d'activités ludiques, mais aussi source possible d'un renouveau économique.

Nous laisserons les derniers mots à la Fédération des Moulins de France qui milite en faveur de la conservation et de la restauration des bâtiments mais croit aussi à leur potentiel dans le cadre d'une utilisation moderne de l'énergie hydraulique.
"Au lieu de dépenser des sommes faramineuses à casser les chaussées de moulins, à détruire notre environnement et notre richesse en eau, ne pourrait-on pas inciter les meuniers, usiniers, propriétaires de moulins à restaurer leurs ouvrages ?
Avec le même argent qui embellirait les paysages de la France, multiplierait les biotopes aquatiques, on participerait à l’indépendance énergétique du pays, en produisant une énergie stratégique et souveraine."
1

 

Remerciements

Nos remerciements s'adressent  aux nombreux contributeurs qui nous ont permis de rédiger ces pages :

A la famille de Jean-Pierre RENOUX qui nous a permis d'utiliser ses recherches et de visiter le moulin des Epinettes,

A l'association Recherches et Découvertes maisdonnaises, et notamment à M. Jean-Paul PAVAGEAU, pour ses travaux d'une grande richesse,

A Mme SAILLANT, de l'association Recherches et Découvertes maisdonnaises, René et Joëlle FARGES et Yves ROUTIER pour leur riche documentation iconographique et leurs souvenirs partagés,

Et à Anne-Marie PENEAU et Françoise SIMON pour la rédaction et la mise en page de l'ensemble.

 

Notes bas de page :

1 Fédération des Moulins de France : https://fdmf.fr

 

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Modification des conditions d'aide aux voyages scolaires

Communiqué de l'Amicale Laïque.

 Lors de son Conseil d'Administration du 4 janvier 2022, l'Amicale Laïque a décidé de modifier les règles d'attribution de l'Aide aux voyages scolaires, afin de permettre à plus de familles d'en bénéficier.

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Mieux nous connaître

  • La Ligue de l'Enseignement,
  • la FAL44, 
  • l'Amicale Laïque de Château-Thébaud, 

Quels rapports et quels liens ?

 

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Caffino. Remerciements

Remerciements.

Nous tenons à remercier tous ceux qui, avec générosité, nous ont confié photos et souvenirs, ou simplement les connaissances acquises au fil de leurs recherches.

Merci à

Hubert et Raymonde POURTAUD, anciens carriers,

Michel POURTAUD, ancien carrier,

Monsieur PONTOIZEAU, gendre de carrier,

Danielle et Lulu, les filles du paveur Louis MOSCA,

Jean FARGES, le frère de René,

Rémi MANGUIN, pour ses dessins explicatifs,

Yves ROUTIER, Président du Syndicat de rivières lors de la création du Parc en 1980,

Alain SECHERESSE (à titre posthume) et la commission Archives de Château-Thébaud pour leurs travaux et leurs textes dont nous nous sommes parfois inspirés,

L'Association Recherches et Découvertes de Maisdon-sur-Sèvre pour ses recherches et ses documents,

Annabelle SALLE  et son Mémoire de licence 1997-1998 : La carrière de granite de pont Caffineau (Château-Thébaud). Exploitation, réhabilitation et intérêt géographique,

La famille LISOVIY, pour sa connaissance des chaussettes russes et la démonstration qu'elle nous en a faite;

ainsi qu'à tous ceux qui ne sont pas nommés mais que nous n'oublions pas pour autant.

 

Notre visite sur les traces du passé de la carrière de Caffino est maintenant terminée.

 

Merci de nous laisser vos commentaires tant sur le fond que sur la forme pour que nous puissions améliorer le texte et la présentation. ( René, Joëlle, Françoise)

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Le Chemin "neu"

IV. Le Chemin "Neu"

Notre visite de la carrière est maintenant terminée.
Deux solutions s'offrent à vous :

  Retourner sur vos pas pour rejoindre l'entrée,

  Ou prolonger la promenade en passant par les coteaux de Maisdon, tout en haut du front de taille.

   Attention, ce petit circuit n'est pas très carrossable et nécessite de bonnes jambes.

Repère 1 : ( Voir la carte ci-dessous) A partir de la vieille forge, continuez le chemin qui longe la rivière, au-delà du tourniquet, sur 800 à 1000 mètres.


Repère 2 : Après la pancarte sur la brème, prenez à gauche le chemin qui s'élève vers le haut de la falaise, d'abord en pente douce, puis de façon plus abrupte.

Pancarte "La brème".

 Une fois en haut, tournez à gauche et longez les vignes sur toute la longueur de la carrière.


Repère 3 : La descente vous ramènera sur la route, à peu de distance de l'entrée principale du parc.
Ce chemin qui descend est dit Chemin Neu.

Localisation du Chemin Neu. Carte IGN Géoportail.


   Ce chemin était très emprunté avant l'apparition de l'automobile. Les habitants des villages de la Bretonnière, de l'Ebaupin et de la Haie-Trois-Sous en assuraient l'entretien chaque année, le 1er janvier. Le bourg de Maisdon étant beaucoup plus éloigné, ils l'utilisaient régulièrement pour se rendre à Château-Thébaud, pour aller à l'école, faire les courses, participer à la messe du dimanche, etc.

   Dans la nuit du 4 au 5 Juillet 1950, un orage d'une violence inouïe, s'abat sur la région. Les eaux de ruissellement creusent profondément le lit du rû qui longe le chemin, et se déversent dans la carrière où le flot coule une péniche (Le Bavaria). Fort heureusement, le marinier, Albert REGENT, n'est pas à bord. Mais la route de Caffino est coupée et le chemin détruit.

   Il se peut que le nom de Chemin "Neu" date de la réfection de ce chemin après l'orage dévastateur ("neu" étant entendu pour "neuf") mais dans ce cas, comment l'appelait-on avant ? Les archives municipales de Maisdon n'ont pas encore trahi le secret...

Le vestige d'un rail est planté verticalement presque en bas de la côte, sur la gauche.

Rail dans le Chemin Neu.

 

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Caffino. Les carriers

III. Les carriers

1. Un travail difficile

   Si les paveurs étaient payés au nombre de pavés réalisés, les carriers, eux, étaient payés au wagonnet. Pas de wagonnet, pas d'argent ! Les wagons de terre étaient moins bien payés que ceux de pierre.

    Il fallait rouler la charge jusqu'au pied du plan incliné qui menait au concasseur, un treuil prenait le relais à partir de la bascule. Le carrier laissait son wagonnet qui était pointé sur un registre et repartait avec un wagon vide.

   L'été sous le soleil, l'hiver sous la pluie. Pas de protections : ni gants, ni cirés, ni chaussures adaptées.

   Les outils pour débiter et charger les wagonnets consistaient en une pelle, une fourche, une pioche, une barre et surtout une masse pour débiter la pierre.

   Quelques femmes ont été employées au concassage à la main jusque dans les années quarante. Elles utilisaient un marteau à long manche souple pour frapper et faire éclater la roche. Elles étaient rémunérées au volume produit.

Les outils du carrier.

2. Des conditions de vie spartiates.

   Il est très difficile de parler personnellement de tous les carriers qui se sont succédé. Leur nombre important, leur passage parfois très court, n'ont pas laissé des souvenirs pour chacun d'eux.
   Cependant nous pouvons évoquer Léon LE TALLEC qui reste dans nos mémoires...

   Léon est arrivé comme ouvrier agricole embauché par la famille BACHELIER au Grand Moulin à Château-Thébaud. Puis son parcours l'a conduit à la carrière de Caffino au pied de la butte.
Il venait d' Hennebont où il avait travaillé dans les forges. Il logeait avec un autre ouvrier venu de Vannes dans une chambre de la maison.

   Le mobilier de la chambre de Léon et d'André se composait de deux lits en fer avec une paillasse, sans draps, d'une table, de deux chaises. Ils rangeaient leurs vêtements dans des valises glissées sous les lits. Pour la préparation des repas, ils disposaient d'une cuisinière réparée avec de l'argile. Pour faire le café, ils répandaient les grains sur la table et les écrasaient avec une bouteille.

   On ne lui connaissait pas de famille alors, pour ses obsèques, une collecte a été organisée auprès de ses camarades de travail et du patron de la carrière. Sa paillasse et ses affaires personnelles ont été brûlées près de la rivière.;;

   Léon LE TALLEC comme beaucoup d'ouvriers portait des "chaussettes russes".

   À l'époque, les carriers portaient de grosses chaussettes de laine tricotées par leurs épouses. Pour ceux qui ne pouvaient pas avoir de telles merveilles, comme les ouvriers célibataires ou étrangers, ils avaient souvent opté pour les chaussettes russes, système peu coûteux, mais efficace.

   Il suffisait d'enrouler d'une certaine manière, autour du pied et de la jambe, une bande de tissu de 35cm par 90cm, issue souvent d'une vieille chemise. Anna L.  d'origine ukrainienne, nous en a fait la démonstration car son père, en 1980, en portait pendant son service militaire en Biélorussie.

"C'est résistant, rapide à laver et à sécher, ça tient chaud, et la même taille de tissu s'adapte à toutes les tailles de pied. Quand la sueur les a mouillées, il suffit d'inverser la bande de toile."

Les chaussettes russes.

Source : Armée Portyanki enveloppements pieds militaires russes (chaussettes)

 

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Caffino. Rail du plan incliné

II. La carrière

20. Rail du plan incliné

   Jusqu'à la construction des sanitaires, on pouvait encore voir les rails ayant servi pour la circulation des wagonnets, depuis la bascule jusqu'au concasseur, tout en haut du plan incliné. (Voir emplacement sur la Vue générale de la carrière en 1962.)

   Ces rails étaient fixes et plus résistants que les rails mobiles utilisés pour le déplacement des wagonnets sur le reste du chantier. Un treuil tirait les wagonnets le long de la pente.

Rail du plan incliné à l’emplacement du concasseur (avant la construction des sanitaires. N'est plus visible actuellement).

Photo des ouvriers.

Sur cette photo, les ouvriers posent sur  ces rails. On aperçoit la maison de la carrière à l'arrière-plan.

 

Il subsiste des morceaux de rails à divers endroits du parc et alentour, notamment sur le Chemin Neu  (Voir Chapitre IV)

 

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Caffino. La vieille forge

II. La carrière.

19. La vieille forge

Continuez votre chemin vers le fond du parc, soit en empruntant l'escalier, soit en longeant la rivière. Traversez la grande prairie.

Vous découvrirez la forge à l'extrémité de la carrière et donc du parc, avant le  tourniquet qui marque la sortie.

Coordonnées Google Maps

   La forge se trouvait au pied du premier front de taille.

   Les forges et les forgerons étaient essentiels pour fabriquer ou réparer les outils (marteaux, burins, …) et le matériel (les wagonnets, par exemple). Aujourd'hui, on nommerait les forgerons ouvriers d'entretien ou de maintenance.

Forge en amont du parc. Photo 1.

 

Forge en amont du parc. Photo 2.

 

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Caffino. La passerelle

II. La carrière.

17. La passerelle.

Coordonnées Google Maps

   La passerelle repose sur deux piliers en maçonnerie.

   Elle servait sans doute au passage des wagonnets transportant la terre tombée en même temps que la roche, sur le front de taille. Cette terre était entreposée à l'arrière où elle a formé des reliefs imposants.

Longueur = 14 m
Largeur = 1 m


La passerelle

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Caffino. La plaque de gravillonneur

II. La carrière.

18. La plaque de gravillonneur.

Passez sous la passerelle.

La plaque se trouve sur la gauche, au pied de l'escalier qui gravit la butte de terre.

Coordonnées Google Maps

   La chaîne de concassage était située en haut du plan incliné, accessible par deux voies: chemin à gauche à peu de distance de l'entrée, chemin passant derrière le bloc des sanitaires actuels.  Voir emplacement sur la vue générale de la carrière en 1962.

Elle comprenait les trois types de machines nécessaires à cette opération :

•    Le concasseur pour concasser grossièrement.
Il ne reste malheureusement rien du concasseur, à l'exception du plan incliné où il était juché et de photos de son abri. Le premier concasseur était de type giratoire (Voir ici Principe de fonctionnement de "l'ancien concasseur"). Il a été remplacé par un concasseur à mâchoires vers 1955 parce qu'il n'était plus adapté, au moment où les wagonnets ont été abandonnés au profit des camions et des pelleteuses,

•    Les trieurs, pour trier les pierres selon leur taille.

•    Le gravillonneur, pour réduire les pierres en morceaux plus petits,

Une plaque de gravillonneur a échoué, on ne sait pourquoi, près de la passerelle.

La plaque de gravillonneur

Dimensions : 30 x 75 cm

>

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Caffino. L'abri de mines

II. La carrière

16.    L'abri de mines

Continuez sur le chemin puis prenez la 2ème petite allée, à droite.

Coordonnées Google Maps

Enfoncez-vous de quelques mètres en sous-bois pour arriver au pied de la passerelle.

Coordonnées Google Maps

   Avant la passerelle, se trouve un abri de mines : c'est un bâtiment en maçonnerie avec un toit en béton, robuste, puisqu'il a pour mission de protéger le compresseur mobile et occasionnellement les ouvriers lors des tirs de mines.

   On peut voir dans le toit un trou circulaire par où s'évacuaient les gaz d'échappement quand le compresseur Diesel fonctionnait sur place.

   Les compresseurs servaient à alimenter les marteaux pneumatiques.
   Il a d'abord existé un gros compresseur fixe, avec des tuyaux en acier courant le long du front de taille. Celui-ci a ensuite été remplacé par un compresseur mobile, qu'on déplaçait en fonction des besoins et qu'il fallait protéger lors des explosions.

•    Hauteur = 2 m
•    Longueur = 5 m
•    Largeur = 3,5 m

L' abri de mines.

L'ouverture circulaire dans le toit.

 

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Caffino. L'abri à bascule

II. La carrière.

15. L'abri à bascule

Traversez l'espace de jeux pour rejoindre le point suivant : le poulailler !

Coordonnées Google Maps

   L'abri est un bâtiment en maçonnerie, le toit une plaque de béton.

   Les carriers étaient rémunérés au nombre de wagonnets apportés au concasseur mais une bonification leur était allouée si les wagonnets dépassaient le poids attendu. Une bascule était donc indispensable pour vérifier leur chargement.

   Elle était située en bas du plan incliné, menant directement au concasseur par de gros rails fixes. Voir l'emplacement sur l'image : Vue générale de la carrière en 1962.

•    Hauteur = 2 m
•    Longueur = 5 m
•    Largeur = 4 m

L' abri à bascule.

L'abri à bascule après réhabilitation (2021)

 

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Caffino. Les latrines

II. La carrière.

14. Les latrines

Pivotez sur vous-même et entrez dans l'enclos qui accueille désormais l'arrivée de la tyrolienne.

Coordonnées Google Maps

   Il faudra être très près du bord de la rivière pour repérer le bloc de maçonnerie qui surplombe la Maine.
   Cette construction, ouverte sur la rivière, était couverte au niveau du sol, par une plaque de béton dans laquelle deux trous percés faisaient office de latrines, le réceptacle étant… la rivière. Une cabane en bois construite sur la plaque de béton assurait un minimum d'intimité.
•    Hauteur = 2 m
•    Longueur = 2 m
•    Largeur = 2 m

Les latrines vues de la rive droite.
Les latrines vues de la rive droite (au premier plan)


Les latrines. Dessins de Rémi Manguin.

 

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Caffino. Le Pavé. La fabrication des pavés

II. La carrière.

13. Le Pavé. La fabrication des pavés ( Carrières E. Barré).

Prenez le chemin de droite.

A environ 8 mètres de la rive, en face de l’aire de jeux, coincé dans les racines d’un frêne, un pavé oublié.

Coordonnées Google Maps

   Si vous cherchez bien, vous pourrez distinguer un pavé taillé, coincé dans les racines d’un frêne. Un rondin placé devant signale l'emplacement.

Le pavé taillé.

Situation du pavé dans le parc en 2021


La fabrication des pavés implique quatre étapes :

1. Le tranchage.

   La première phase se déroule au pied de la butte (front de taille). Elle consiste

  • à sélectionner de beaux blocs de pierre bien plats d'où l'on est susceptible de pouvoir tirer des pavés,
  • à les débiter pour les transporter.

   On ne retient que les blocs dont la cassure bien perpendiculaire à la face les rend propres à être transformés en pavés. Les autres seront concassés.

   Les paveurs – appelés parfois aussi "épinceurs" -  taillent les pierres à l'aide d’un burin et d’un marteau : on trace une ligne droite avec le burin et ensuite, de distance en distance, on marque plus profondément la pierre. Des coins sont enfoncés dans les trous pour forcer la coupe qui permet de détacher une bande de pierre (précisions fournies par un ancien paveur de Caffino H.P.). C'est ce que l'on appelle le tranchage.

Pavé où l'on voit la trace du coin qui a servi au tranchage.

Carte postale. CHATEAU-THEBAUD (L. Inf) Les carrières de granit et le Bourg

On remarquera ici, au pied du front de taille, le wagonnet sur rails mobiles qu'on déplaçait en fonction des besoins. La position du clocher indique que le travail s'effectue sur le front de taille le plus ancien.
 

Le tranchage des pavés (Carte postale d'entreprise - Support publicitaire)

Les carriers sont au travail. Au premier plan, quelques bandes de pierre et des rails. Un wagonnet à droite.


2. Le transport.

   Les blocs de pierres débités sont transportés sur des wagonnets plats, garnis de planches pour éviter le glissement, et poussés manuellement par les ouvriers.

3. Le façonnage.

   Il a lieu dans "les baraques" des paveurs, alignées le long de la Maine.
   La pierre placée dans un bac métallique empli de terre, est frappée à coups de marteau à table carrée et aux arêtes vives jusqu'à obtention du pavé désiré.

Marteaux de carriers.


Les marteaux sont la propriété de René. Celui de gauche porte les initiales CEB (Carrières Ernest Barré)

Les lunettes de paveurs.



Seul matériel de protection : les lunettes. Constituées d'un fin grillage, elles permettent une assez bonne visibilité mais elles étaient pourtant très peu utilisées.


Les "baraques" des paveurs (Carte postale d'entreprise - Support publicitaire)


La vue du clocher permet de situer les "baraques" à peu près au niveau de l'écluse et en aval. On remarque un wagonnet chargé. Les ouvriers sont très nombreux, les stocks aussi.
 

   Les paveurs sont payés aux pièces. Leur salaire varie selon leur rendement. Les chutes résultant de la taille des pavés sont payées au wagonnet et dirigées vers le concasseur.


4. Le stockage.

   Une fois taillés, les pavés sont stockés de deux façons : les petits dits " mosaïque " en vrac, les gros qui garniront les caniveaux sont soigneusement empilés.

 Les pavés sont empilés. Photos personnelles des paveurs. Vers 1935.

Louis Mosca a fait souche dans la région nantaise. Quand on lui demandait de quel pays il était, l'Italien répondait avec sagesse : "Mon pays, c'est celui qui me donne à manger".

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Caffino. La fontaine Eugénie.

II. La carrière.

12. La fontaine Eugénie.

A l'angle de la maison, côté amont.

Coordonnées Google Maps

   "Avant de traverser le pont, on doit remarquer, au milieu d'un massif d'ormeaux et de noisetiers, une charmante petite fontaine qui se cache modestement sous des réseaux de lierre et de ronces ; son bassin, bordé de mousse et de capillaire, est toujours rempli. Cette source, par sa prodigieuse fécondité est très importante : dans les grandes chaleurs, quand les autres fontaines sont taries, c'est elle qui alimente tout le village ; elle a de plus le mérite d'avoir un goût exquis, ce dont il est facile de faire l'expérience." [...]

"Tout près de là, sur un rocher entouré de plantes grimpantes, est gravé le nom de Mme Eugénie Colombel, la femme de notre maire de Nantes, auquel appartient la fontaine que nous venons de signaler ; elle fait partie de sa propriété de l'Ebeaupin située dans la paroisse de Maisdon."

(extrait de "Nantes et la Loire Inférieure"(1850) texte écrit par Elisa Morin.

   Qui est cette Eugénie COLOMBEL dont le nom est gravé sur la fontaine  ?
   Eugénie COLOMBEL née MONNIER était la fille des propriétaires de l'Ebeaupin, cette propriété située au-dessus du coteau dont faisait partie le terrain vendu pour ouvrir la carrière dans les années 1900.
Elle est née à l'Ebeaupin, le 15 juillet 1819, de Julien Henri Constant MONNIER, rentier, et de Victoire Eulalie OLIVIER du PAVILLON.

   Eugénie MONNIER épouse le 19 août 1837, à Nantes, Evariste COLOMBEL (1813-1856).
   Membre du conseil municipal dès 1843, celui-ci est élu député en 1846. Nommé maire de Nantes le 21 mars 1848 en remplacement de Ferdinand FAVRE révoqué, le 25 juillet suivant, il est le premier maire élu au suffrage universel. Mais le coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte met fin à sa fonction le 30 décembre 1851.

Evariste COLOMBEL, Maire de Nantes
(Photo Archives départementales)

  

   Leur fils, Georges COLOMBEL (1838-1894) fut également maire de Nantes, de 1881 à 1885, et aussi de Saint-Julien-de-Concelles. Militant opposé à Napoléon III, membre du parti républicain, il devint assistant d’Ange Guépin commissaire de la République à la chute du Second empire. (Sources)

 

   La fontaine a alimenté pendant un certain temps le puits carré.  Vers 1960, elle coulait au niveau de l'actuelle terrasse, donc à quelques mètres du rocher portant son nom. Les locataires et le personnel de la carrière l'utilisaient quotidiennement.

La fontaine en 1960, avant l'incendie. Sur la photo, Dominique P.


Détail de la fontaine en 1960 (eau ferrugineuse)

   Au moment des travaux de rénovation de la maison, après l'incendie du 27 janvier 1986, elle a été raccordée aux eaux de pluie.

   René, et son frère Jean, maçon, très attachés à cette fontaine qu'ils avaient connue durant toute leur enfance, ont effectué des travaux pour la faire resurgir au pied du rocher gravé "Fontaine Eugénie".
   Ils ont également utilisé les pierres plates qui couvraient le puits pour la construction des quatre marches prolongeant l'escalier en ciment qui mène à la terrasse.

   Cette fontaine qui coule toute l'année a la particularité d'être très ferrugineuse (comme celle de l'Ebeaupin en Vertou... simple coïncidence ?...)
   Malgré les différents travaux effectués à proximité immédiate : tirs de mines, excavation, elle ne s'est jamais tarie
.

La fontaine aujourd'hui.

Détail de l'inscription.

Visible plus facilement le soir, à soleil rasant !

Vestige du puits carré

 

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Caffino. Le niveau des crues.

II. La carrière.

11. Le niveau des crues.

Sur le mur de la maison, entre les portes numérotées 2 et 3.

   La Maine prend sa source en Vendée sur la commune des Herbiers qu'elle arrose. Elle porte alors le nom de "Grande Maine" jusqu'à ce qu'elle reçoive l'apport de la "Petite Maine" venant des Essarts. Le confluent est à Saint-Georges-de-Montaigu. Elle devient alors la Maine et se jette dans la Sèvre au Coin (ou Coing), en aval du château, commune de Saint-Fiacre. Les mariniers appellent ce confluent "Goule de Moine". Sa longueur est de 65 kilomètres environ.

   Seules les crues mémorables sont indiquées sur le mur de la maison, à partir de 1978, date de création du club de Canoë-kayak.

   La plus importante est celle est 1983.

   La crue de 2021 n'ayant atteint que le bas de la porte, une plaque a été posée sur la rive opposée, au niveau du hangar à canoës.

Le repère de niveaux des crues.

 

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Caffino. L'incendie. Article de presse.

Article de presse du 27 janvier 1986

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