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La Maine autrefois. II. Usages domestiques. 4 Le bûcheronnage

4.    Le bûcheronnage des rives.

La Maine n'étant devenue navigable jusqu'à Caffineau que très tardivement, la règlementation n'a pas eu à imposer le long des rives un chemin de halage de sept mètres de largeur. Cette servitude, un temps envisagée dans les années 1890, n'était pas du goût des propriétaires riverains qui voyaient d'un mauvais œil cette emprise sur leurs terrains ou leurs bois en bordure de rivière. Heureusement, l'arrivée des machines à vapeur qui n'avaient plus besoin de la traction animale, les en a exemptés.

En revanche, cette partie aval de la Maine jusqu'à Caffineau ayant changé de catégorie en devenant navigable, ses riverains devaient laisser un cheminement de "six pieds" au bord de l'eau.

En amont de Caffineau, cette règle ne s'appliquait pas. Le sol était propriété du riverain jusqu'au milieu du cours d'eau, à charge pour lui d'entretenir les rives et le lit de la rivière afin de permettre un écoulement normal de l'eau .

La plupart des propriétaires résidant dans les villages proches de la Maine possédaient, par héritage ou par acquêt, une bande de terrain non cultivé, boisé, dans le prolongement ou non de leurs terres, et qui s'étendait donc jusqu'à la rivière.

Chênes ou frênes- têtards dans le lit à sec de la rivière.

Petit bois sec pour allumer le feu, branches plus importantes pour que la flambée tienne plus longtemps, tout était ramassé, stocké et utilisé ce qui contribuait à l'entretien de la parcelle. Parfois, on y plantait même des arbres à croissance rapide comme les châtaigniers et les frênes qu'on étêtait pour en faire des têtards.

Quand il manie la serpe, la scie ou la hache, le bûcheron s'inscrit dans le temps. Il sait à la fois couper les arbres qui le font vivre mais aussi protéger les jeunes pousses et entretenir les sous-bois pour les générations suivantes. "Autrefois", la contrainte d'entretien n'en était donc pas une puisque les propriétaires "bûcheronnaient" leurs parcelles autant par intérêt personnel que pour répondre à l'obligation légale datant du XVIIe siècle.

Mais en 1973, le bûcheronnage n'a plus cours : arbres morts et branches tombées encombrent de plus en plus souvent le lit de la rivière sans que les propriétaires ne s'en alarment et il est de plus en plus difficile de les contraindre à exécuter les travaux indispensables.

C'est alors que le "Syndicat intercommunal de la Sèvre et de la Maine" adjoint à son titre le complément "et de leurs rives". Cette nouvelle compétence lui permet d'intervenir directement auprès des propriétaires à qui le choix est donné : soit ils entretiennent eux-mêmes leur terrain, soit le Syndicat s'en charge, moyennant la "récupération" pour la collectivité d'une bande de "six pieds". Beaucoup de propriétaires ayant accepté de se décharger de cette contrainte, l' accord a eu comme répercussion la réalisation d'un réseau de sentiers publics en bord de Maine !

Cadastre de 1830 - Saint-Lumine-de-Clisson, près du moulin de la Chambaudière. Les parcelles de bûcheronnage

 

 

Notes bas de page :

Article du Code de l’Environnement : Art L215-2 : «Le lit des cours d’eau non domaniaux appartient aux propriétaires des deux rives. Si les deux rives appartiennent à des propriétaires différents, chacun d’eux a la propriété de la moitié du lit, suivant une ligne que l’on suppose tracée au milieu du cours d’eau, sauf titre ou prescription contraire. »
Art L215-14 : «L ‘entretien régulier a pour objet de maintenir le cours d’eau dans son profil d’équilibre, de permettre l’écoulement naturel des eaux et de contribuer à son bon état écologique ou, le cas échéant, à son bon potentiel écologique, notamment par enlèvement des embâcles, débris et atterrissements, flottants ou non, par élagage ou recépage de la végétation des rives. »

 

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