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La Maine autrefois. I. Activités économiques. 4 La métallurgie

4.    La métallurgie. L'usine FOUCHER à Caffineau (Château-Thébaud).

La construction du moulin de Caffineau1 , situé sur la rive gauche, est antérieure au XIIe siècle. En 1201, il est propriété des moines de Buzay qui le cèdent à l'abbaye de Villeneuve, qui elle-même s'en sépare en 1250. Ce sont ensuite des particuliers qui l'exploitent pour fabriquer de la farine jusqu'en 1894.

En 1872, le moulin est racheté par un industriel, Jean Simon VORUZ (1810-1896). Il dispose à ce moment là de "cinq paires de meules fonctionnant au moyen d'une roue à eau, système Poncelet, de la force de quarante-cinq chevaux (chute d'eau de trois mètres) et au moyen d'une machine à vapeur de seize chevaux."2
Il est intéressant de noter qu'en 1872, la minoterie, un bâtiment de quatre étages, est déjà équipée d'une machine à vapeur.

 

Depuis 1830, Jean Simon VORUZ a pris la tête de la fonderie familiale, à Nantes. Il s'installe sur la Prairie-au-Duc et produit cloches, outillage pour la marine, tabliers de ponts … et quelques-uns des plus beaux fleurons nantais comme l'escalier du passage Pommeraye et la statue en bronze de la duchesse Anne.
"Mais VORUZ investit aussi à la campagne, au sud de la Loire dans la région de Pornic et dans le vignoble. A Aigrefeuille, Château-Thébaud et Montbert, il fait construire des fermes sur des principes nouveaux et avec des aménagements industriels.
C'est par la Maine, sur son bateau, que VORUZ fait le trajet entre la ville et la campagne
".3

 

Maire d'Aigrefeuille-sur-Maine de 1878 à 18934, c'est lui qui avance les fonds nécessaires à la construction d'une école de filles et qui insiste pour que soit construite une écluse à Pont Caffineau (1882)5 . C'est normal ! Il est propriétaire du moulin de Caffineau et cette écluse serait tout-à-fait propice pour augmenter la force motrice disponible. Elle ne sera finalement construite, par le Département, qu'en 1890.

En 1894, il cède le moulin toujours en activité à son petit-fils et filleul, Jean Baptiste Emile ETIENNE, âgé de 24 ans.

C'est ce dernier qui, dans la lignée de ses aïeux, transforme le moulin en fonderie de cuivre et de bronze utilisant l'énergie hydraulique et, en complément, la machine à vapeur pour pallier l'insuffisance de puissance lors des périodes de basses eaux.

En 1905, en quête de locaux plus spacieux pour permettre son expansion, la société FOUCHER et Cie, qui fabrique des appareils fonctionnant au gaz, jette son dévolu sur "l'usine modèle hydraulique et à vapeur de Château-Thébaud."6
"La force motrice y est produite, pendant la majeure partie de l'année, par une roue hydraulique de 40 chevaux que peut suppléer en cas de besoin, une machine à vapeur de 18 chevaux. Elle actionne 40 tours revolvers automatiques et parallèles et machines diverses , fraiseuses, perceuses, etc."

En 1907, la société emploie de 110 à 160 ouvriers selon la saison.

Jusqu'en 1913, Jules FOUCHER exploite et développe cette usine de tournage et de décolletage, qui est aussi une manufacture d'appareils pour le gaz : robinetterie d'appareils de chauffage et d'éclairage au gaz Carmien7 , mais aussi lampes portatives, lampadaires à gaz utilisés dans les rues de Nantes, réchauds de cuisine…

En 1914, l'usine est réquisitionnée pour fabriquer du matériel militaire.8

Pendant la seconde guerre mondiale, ses bâtiments désaffectés sont utilisés pour entreposer le mobilier du paquebot "Pasteur", lui-même devenu transporteur de troupes. Mais le grand bâtiment, sans entretien, se dégrade et il est finalement démoli en 1971.

Carte postale d'entreprise, support publicitaire. Usine hydraulique et à vapeur à Château-Thébaud (Loire-Infre)

L'usine FOUCHER et Cie, dénommée ici "Usine Carmien" du nom du gaz pour lequel elle fabriquait des appareils.
 
Ateliers des mouleurs. Vue d'une partie de la fonderie.
Salle des machines. Vue d'une partie des tours parallèles.
Salle des machines. Vue d'une partie des tours revolvers automatiques.
Salle de fabrication des appareils de lustrerie. Vue d'une partie de la salle.
 (Photos extraites de la Brochure publicitaire établie en 1907 par les établissements FOUCHER lorsque la "Société J. FOUCHER et Cie" ouvre son capital aux actionnaires et devient la "Société anonyme des Anciens Etablissements FOUCHER & Cie".)

Publicité parue dans L'Union bretonne. Journal politique, commercial et littéraire de Nantes – 1ère- 1910 Janvier (ADLA)

 

Notes bas de page :

1 La graphie "Caffino" date du début du XXe siècle.

2 AD44. Minutes du notaire FLEURY, cote 4E 26 106.  Adjudication 1872 Succession GENU au profit de M. VORUZ.

3 Texte de présentation pour la conférence de Yannick LE MAREC, Université sur Lie : VORUZ, entre la ville et la campagne (2015).
Yannick LE MAREC, Maître de conférences à l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education de l’Université de Nantes, est l'auteur de  "L'industriel et la cité : VORUZ, fondeur nantais".

4 AD44. Délibérations d'Aigrefeuille manquent entre 1836 et 1878.

5 AD44. Délibérations d'Aigrefeuille, 29 mai 1882.

6 Brochure publicitaire établie en 1907 par les établissements FOUCHER lorsque la "Société J. FOUCHER et Cie" ouvre son capital aux actionnaires et devient la "Société anonyme des Anciens Etablissements FOUCHER & Cie".

7 Le gaz Carmien est la dernière invention de Pierre Carmien. Avant la généralisation du gaz ordinaire et de l'électricité, ce gaz a rendu de nombreux services. Il était exploité à Nantes par la Société du Gaz Carmien. Une publicité pour la Société anonyme FOUCHER, parue dans l'Union bretonne de janvier 1910, parle de : "Révolution dans l'éclairage à la campagne."

8 Mémoires de Jean Aubrée, 264è RI : http://www.chtimiste.com/carnets/Aubree/Aubree.htm

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