Menu

Mot-clé - La Maine

Fil des billets - Fil des commentaires

La Maine. Aujourd'hui, autrefois, demain

Rédigé par Les Amis de la Sèvre nantaise et Affluents

Deux accès vous sont proposés :

  •  Navigation à partir de ce blog en suivant les flèches clignotantes.
  • Consultation  directe de la brochure "La Maine. Aujourd'hui, autrefois, demain."
     
     

I. AUJOURD'HUI, 

1. La Maine est une rivière aux multiples visages.

  Une rivière sauvage

A Aigrefeuille-sur-Maine, une rivière encaissée, puissante. (www. delcampe.net)

Le saviez-vous vous ? Avant le plissement hercynien, la Maine se jetait dans le lac de Grand-Lieu….

2. La Maine est le siège d'activités de loisirs.

  Une rivière pour le plaisir.

C'est un élément essentiel du patrimoine que chacun aime et souhaite mettre en valeur comme pour ce passage des cyclistes de l'équipe de France en 2019.

 

Accueil du championnat de France cycliste 2019 (photo F.Simon)

3. L'eau de la Maine. Qualité, quantité et gestion.

  Une rivière fragile et menacée

II. AUTREFOIS, la Maine était utile, animée et vivante.

Elle était le support de nombreuses activités :

1. Des activités économiques :

  1. La meunerie, le Moulin Bonnet et le Reuzard

  2. Les industries textiles, la Trélitière

  3. La tannerie, le Moulin Bonnet

  4. La métallurgie, l'usine Foucher à Caffino

  5. La production d'électricité, les Epinettes

  6. L'extraction de sable, Caffineau et la Pépière

  7. Le transport de fret, Le port de Caffineau

A Caffino, l'écluse permettait seulement le passage des petits bateaux chargés de sable. L'énergie hydraulique alimentait l'usine Fouché.(www. delcampe.net)

2. Des usages domestiques :

  1. Les gués

   2. La collecte d’eau pour tous usages

   3. L'entretien du linge

    4. Le bûcheronnage des rives

    5. La pêche

Saint-Fiacre : Pêche à la senne, sur la Sèvre, au Coing.

3. Et des activités de loisirs :

1.  Le tourisme fluvial

2.  La baignade

3.  Les guinguettes et les fêtes nautiques

4.  Le canotage

Mais avec "le progrès", la Maine a été quasiment abandonnée et a perdu en grande partie sa belle vitalité.

Le saviez-vous ? La Maine navigable jusqu'à Caffino à partir de 1894 était parcourue de péniches et de bateaux chargés de touristes… 

 

 III. DEMAIN, quel avenir pour la Maine ?

Pour anticiper les mutations que l'évolution climatique ne manquera pas d'engendrer, la vigilance plus que jamais s'impose :

  1. Qualité et quantité d'eau

  2. Préservation de la faune, de la flore et des paysages

  3. Réinvestissement économique

Grâce à ses moulins et à ses chaussées, la Maine a montré qu'elle pouvait produire de l'énergie à très bon marché. N'aurait-elle pas sa place parmi les producteurs d'énergie renouvelable ?

 
Après avoir été moulin à blé, le moulin des Epinettes, à Aigrefeuille, a produit de l'électricité.

Le saviez-vous ? La Maine dispose toujours d'un moulin équipé pour la production d'électricité : le moulin des Epinettes à Aigrefeuille-sur-Maine (privé)…

 

  CONCLUSION et REMERCIEMENTS.

 

La Maine aujourd'hui. I. Cours d'eau aux multiples visages

I.    LA MAINE : UN PETIT COURS D'EAU AUX MULTIPLES VISAGES.

La Maine prend sa source aux Herbiers à 150 mètres d'altitude, au pied du Mont des Alouettes. A ce moment, elle se nomme Grande Maine. Elle s'étire assez paresseusement sur les terres vendéennes puis s'élargit et vit au rythme des biefs1 étagés et des chaussées2.

 

Les communes traversées par la Maine (https://fr.wikipedia.org/wiki/Maine_(affluent_de_la_Sèvre_Nantaise)  (carte Cyril5555)

Elle devient même lac, en Vendée, au niveau de l'imposant barrage de la Bultière, à Chavagnes en Paillers.

Le barrage de la Bultière à Chavagnes en paillers. (https://chavagnesenpaillers-nazareth.fr/2020/11/21/le-cycle-de-leau)

 A Saint-Georges-de-Montaigu, elle est rejointe par la Petite Maine venue des Essarts dans le bas bocage vendéen.

La Maine à Saint-Georges-de-Montaigu : Le moulin des chaussées.
On distingue ici, à l'arrière plan, le pont qui date du Moyen Age, la chaussée, le moulin.

Les deux Maines réunies forment alors la Maine, rivière tranquille qui se dirige vers Montaigu.

Entre Remouillé et Maisdon-sur-Sèvre, elle acquiert de la puissance en raison d'un dénivelé de dix mètres sur six kilomètres.

Très irrégulière, la Maine est sujette à des périodes de basses eaux en été comme en hiver, suivies de crues importantes alimentées par les pluies et les sources du bocage vendéen. Ces irrégularités sont, évidemment, accentuées par son parcours accidenté.

La Maine à Caffino en janvier 2021 ( Photo F. Simon)

Dans ce secteur, de nombreux moulins se succèdent sur ses rives, dans un paysage de coteaux boisés et de terres agricoles. On peut citer : Ecomard, Guidreau, les Tanneries (moulin Bonnet), Reuzard, les Epinettes, la Trélitière et Pont Caffino.

Les moulins entre Remouillé et Saint-Fiacre (Catalogue en ligne EPTB Sèvre nantaise)


A partir d'Aigrefeuille-sur-Maine, elle entre au pays de la vigne et devient plus étroite pour se glisser dans la faille granitique du Massif armoricain, entre les falaises rocheuses de Pont Caffino qui la surplombent par endroits de quarante mètres.

Chaussée et chaos de rochers à Aigrefeuille (www.delcampe.net)

Enfin, elle se jette dans la Sèvre nantaise, à Saint Fiacre sur Maine, en aval du Château du Coing, après avoir parcouru environ 68 kilomètres.  

                                                                            

La Maine au château du Coing.

Le confluent de la Sèvre et de la Maine.

Un peu de géologie et d'hydrologie.

Mais la Maine n'a pas toujours eu le cours que nous lui connaissons aujourd'hui. Avant d'être un affluent de la Sèvre, à la fin de l'ère tertiaire, la Maine se jetait … dans le lac de Grand-lieu.

Comment est-ce possible ?

La vallée d'Aigrefeuille appartient à la partie sud du massif armoricain. Le socle cristallin ancien granitique est constitué de roches hercyniennes de l’Ere Primaire et de roches schisteuses (schistes dégradés). Le socle ancien érodé pendant des millions d'années constituait jusqu'à la fin de l’Ère Tertiaire une pénéplaine drainée par un réseau hydrographique un peu différent de celui que nous connaissons aujourd'hui.

Le fleuve qui devait s’appeler plus tard la Loire, rejoignait l'Océan en empruntant le sud du Massif et contribuait à créer ce que nous appelons le Seuil du Poitou, en un vaste estuaire proche de la région actuelle de la Rochelle. Le cours initial des rivières les entraînaient naturellement soit vers la Loire pour la Sèvre, soit vers le lac de Grand-Lieu pour la Maine. Mais ils furent modifiés par le contrecoup du plissement alpin.

Le plissement alpin qui s'étale sur des centaines de milliers d'années faisant émerger les Alpes et les Pyrénées, a affecté le Massif Central provoquant, outre l'apparition de la chaîne des Puys avec du volcanisme, le relèvement généralisé du vieux Massif. La structure très ancienne, par contrecoup, en a été également modifiée, surtout dans la partie sud du Massif Armoricain. C'est ainsi que la Gâtine Poitevine et Vendéenne a été soulevée légèrement au sud-est, provoquant l'apparition du Sillon de Bretagne, du plateau d'Aigrefeuille, avec comme conséquences l'ouverture de failles et une profonde modification du réseau hydrographique.

Ainsi fut créée la nouvelle embouchure de la Loire.

Par ailleurs, la captation de la Maine par la Sèvre a transformé une paisible rivière côtière en un cours d'eau plus sauvage. Désormais la rivière emprunte une vallée qu'elle n'a pas creusé complètement avec des dénivelés très importants sur une courte distance et  une succession de goulets d'étranglements suivis de biefs plus élargis qui la font ressembler à un cours d'eau de type méditerranéen comme le Var, la Durance ou l'Ardèche.3

 

Notes bas de page :

1 Bief : Partie d'un canal ou d'une rivière comprise entre deux retenues.
2 Chaussée: Ouvrage artificiel transversal de faible hauteur, présent dans le lit d’un cours d’eau permettant de réguler l’écoulement de l’eau. Les chaussées de la Maine sont majoritairement des ouvrages en pierres. 
3 D'après Jean-Pierre RENOUX. Texte écrit à l'occasion de la journée du patrimoine du Dimanche 18 Septembre 2011

 

  Accéder à l'article suivant : Aujourd'hui / La Maine, siège d'activités de loisirs

Retourner à la page d'accueil


 

 

La Maine aujourd'hui. II. Siège d'activités de loisirs

II.   LA MAINE : SIEGE D'ACTIVITES DE LOISIRS.

Aujourd'hui, les riverains et les habitants des grandes métropoles voisines ne se tournent vers la Maine que pour leur plaisir. En effet, avec ses rives verdoyantes, elle se prête bien aux activités de pleine nature.

A titre d'exemple, nous parlerons de la Base de loisirs de Pont Caffino et du Club de Canoë kayak qu'elle héberge, qui proposent des balades familiales sur l'eau, en canoë. La pratique de sports nautiques s'est développée : course en ligne et slalom en kayak, matches de polo, paddle, …. Le Club est un véritable creuset pour les futurs champions.

Entraînement au paddle avec des scolaires (Photo ALCKCT, 2020)
Match de polo N2 (Photo ALCKCT, 2010)

De nombreux chemins de randonnées, permettent de suivre le cours sinueux de la rivière.

La pêche continue à avoir ses adeptes, même si le poisson se fait plus rare.

Il est aussi possible d'utiliser la falaise rocheuse pour s'entraîner à la varappe, côté Château-Thébaud. Le Club alpin, quant à lui, utilise la rive droite pour ses activités.

Les associations investissent les lieux pour y faire renaître toutes sortes de fêtes. Les kermesses de l'école publique, après s'être tenues rive gauche, près de l'ex-piscine, ont ensuite migré vers la rive droite, à l'emplacement dit "théâtre de verdure".

Plus récemment, la commune a renoué avec les fêtes nautiques comme ce fut le cas en 2018 et 2019 avec les régates de bateaux en carton organisées par l'Amicale Laïque et l'Association des Parents d'élèves.

Régates de bateaux en carton (Photo F.Simon 2019)

En revanche, plus de baignade autorisée, ni à Caffino ni à Aigrefeuille. Pour se baigner en rivière en toute légalité, il faut aller jusqu'en Vendée où l’étang de la Tricherie (sur un affluent de la Grande Maine) propose encore une zone de baignade au sein de sa Base de Loisirs.

 

  Accéder à l'article suivant : Aujourd'hui / L'eau de la Maine

Retourner à la page d'accueil

 

La Maine aujourd'hui. III. L'eau de la Maine

III.    L'EAU DE LA MAINE. QUALITE, QUANTITE ET GESTION.

1.    Qualité.
Comme toutes les rivières, la Maine subit des rejets importants provenant des collectivités ou des sites industriels même si, peu à peu, ceux-ci sont tenus de respecter des normes. Les STEP (Stations d'Epuration des Eaux usées) se sont généralisées, malheureusement, ces stations de traitement sont en général de type "boues activées" et ne filtrent pas tous les polluants.

Pendant plusieurs décennies, l'agriculture, le maraîchage, la viticulture … et les jardiniers amateurs ont utilisé des engrais, des pesticides et des herbicides toxiques pour le sol et l'environnement. Actuellement, on note une réduction notable de l'utilisation de ces produits mais cela reste insuffisant.

2.    Quantité.
Le niveau d’eau dans la Maine est maintenu grâce aux chaussées historiques de faible hauteur (de 1,5 mètre à 2 mètres), qui créent des biefs (Définitions). Ceux-ci permettent :

  •    De garder un certain volume d’eau, particulièrement l’été.
  •    D'éviter, en cas de crue, une montée rapide et violente du niveau de l’eau et l'inondation des populations des villes et villages établis sur les berges.
  •    D’entretenir les zones humides à proximité (deux zones existent en amont de la chaussée des Tanneries, sur les rives gauche et droite.)
  •    De limiter l'érosion des berges et du fond du lit, préservant ainsi la ripisylve1 qui participe à l’auto-épuration de la rivière.
  •    De maintenir une biodiversité acquise au fil des siècles. Ainsi, dans la Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de type II, située en aval d’Aigrefeuille-sur-Maine, une étude indique que la flore printanière est d'une grande richesse. De nombreuses espèces végétales rares ont été inventoriées, certaines étant protégées au niveau régional. On y a également relevé la présence de la loutre.2

 

Chaussée du moulin Diderot [ comprendre : Guidreau ] à Aigrefeuille-sur-Maine.

Mais, de Saint-Georges-de-Montaigu à la confluence avec la Sèvre Nantaise (Saint-Fiacre), La Maine, est tributaire du barrage de la Bultière.
Situé sur la Grande Maine à Chavagnes-en-Paillers, dans le département de la Vendée, ce barrage d’une hauteur de 21 mètres a été construit en 1995.

Le barrage de la Bultière © DR

Il est principalement destiné à assurer l'autonomie en eau potable des communes de Montaigu, Saint-Fulgent et Les Herbiers. Mais il est également soumis à l’obligation de maintenir un débit minimum dans la Maine. C'est ce qu'on appelle "le soutien d’étiage".

Malheureusement, lorsque les besoins en eau sur la Vendée deviennent plus importants, cette obligation n’est pas toujours respectée.
L'Hebdo de Sèvre et Maine du 26 septembre 2019 écrit : " Les débits sont stables autour de 40 l/s depuis fin août. C’est très faible. D’habitude, la Bultière (en Vendée) apporte plus d’eau, mais compte tenu des difficultés de remplissage du barrage et des besoins, le soutien d’étiage a été réduit".

3.    Gestion de l'eau.
Le territoire français est découpé en six grands bassins versants, chacun ayant une Agence de l'Eau dont le Conseil d'Administration est en général composé de trois collèges de représentants : les usagers, les professionnels de l'eau, l'Etat et ses structures. La Maine est gérée par l’agence de Bassin Loire Bretagne qui englobe 41 départements.

L'outil de stratégie principal de chaque Agence de l'Eau est un document appelé le SDAGE (Schéma Directeur de l'Aménagement et de Gestion de l'Eau). Ce schéma directeur est ensuite décliné en nombreux SAGE (Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau) adaptés aux différents sous-bassins. Ici, le sous-bassin de la Sèvre.

A ces documents déjà variés s'ajoutent les documents d'urbanisme généraux que le législateur a initiés et que chaque commune, communauté de communes, département et région se doit de produire.

Cette superposition de textes rend très difficile une approche claire de la situation.

Ainsi, s'appuyant sur l'argument de continuité écologique, l'une des orientations du SDAGE, pour lutter contre la pollution et redonner à la Maine un cours plus "naturel", prônait il y a quelques années la destruction des chaussées. Mais, désormais, la loi Climat et Résilience d’août 2021 interdit de détruire "l'usage actuel ou potentiel d'un ouvrage hydraulique" 3. La destruction des chaussées semble donc remise en question, et nous nous en réjouissons.

Notes bas de page :

1 La ripisylve est constituée par l'ensemble des formations boisées (arbres, arbustes, buissons) qui se trouvent aux abords d'un cours d'eau. https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/botanique-ripisylve-253/)
2 Etude SOGREAH avril 2010 commandée par SEVRAVAL. Rapport SEVRAVAL 1971-2011.
3 http://www.hydrauxois.org/

 

  Accéder à l'article suivant : Autrefois / Activités économiques / La meunerie

Retourner à la page d'accueil