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Mot-clé - Extraction de sable

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La Maine autrefois. I. Activités économiques. 6 L'extraction de sable

6.    L'extraction de sable. Caffineau et la Pépière.

La rivière, c'était aussi le sable, pêché au prix de rudes efforts. Cette activité a connu un essor particulier au XIXe siècle, lorsqu'on a commencé à utiliser la chaux pour fabriquer du mortier de construction. Les pêcheurs opéraient en divers lieux, tout au long de la Maine ; à proximité immédiate du porte-vue, nous citerons l'activité du village de la Pépière et celle de Caffineau.

Les mariniers sabliers de la Maine devaient d'abord repérer les bancs de sable propre, sans "bourrier" et estimer leur importance et leur qualité pour satisfaire au mieux les clients. La brume, un vent soufflant trop fort, un niveau d'eau insuffisant dans la rivière, les empêchaient de pratiquer leur activité déjà peu lucrative.

Pour prélever le sable, les pêcheurs utilisaient une longue perche de châtaignier au bout de laquelle était fixée une sorte de caisse perforée, à fond plat. Debout sur sa toue, le pêcheur tirait cette pelle en raclant le fond de l'eau, puis il la retournait avant de la remonter à bout de bras, attendait un instant que l'eau s'égoutte, et jetait le sable dans le fond de son bateau.

Le geste ancien du pêcheur de sable

Les toues étaient de petite taille, environ deux mètres de large sur six mètres de long. Après quelques levées, l'embarcation alourdie par le sable mouillé s'enfonçait dangereusement, et menaçait de chavirer, ce qui arrivait parfois. Quant au pêcheur, ses vêtements étaient rapidement aussi trempés que le sable qu'il avait tiré à grand peine. Au cœur de l'hiver, le pauvre pouvait même se transformer en silhouette de glace.

Le sable pêché était ensuite déposé sur la rive au moyen d'une brouette poussée sur une planche robuste en guise de passerelle. Des charrettes à bœufs venaient alors le chercher pour le stocker chez le pêcheur qui le vendait à des maçons, parfois après l'avoir tamisé. Le sable plus grossier était utilisé par les agriculteurs … ou pour les allées du cimetière.

Lorsque c'était possible, le marinier déposait directement la commande au plus près du lieu de résidence du client ou du chantier. C'était alors l'acquéreur qui terminait le transport avec sa brouette ou un attelage de bœufs en fonction de la distance restant à parcourir. Lors de ces déplacements, le pêcheur devait parfois passer l'écluse de Caffineau pour livrer vers Aigrefeuille.

 

Tas de sable sur la rive à Caffineau. Encore une erreur sur la carte postale : Bords de la Sèvre, au lieu de la Maine

En 18911 , les pêcheurs de Château-Thébaud, qui doivent demander une autorisation de passage à Monsieur VORUZ pour travailler en amont du barrage, font état d'un refus. Après avoir convenu que l'eau retenue par le barrage est "la propriété" de l'exploitant, que celui-ci à chaque éclusée subit une perte de force motrice équivalent à deux chevaux vapeur pendant une heure, le Conseil municipal propose un compromis : au prix de règles très contraignantes, les pêcheurs de sable pourront continuer à franchir l'écluse, mais de façon limitée, en profitant par exemple du passage de bateaux de commerce plus gros.

La famille SAILLANT de Château-Thébaud a exercé cette activité pendant très longtemps … jusqu'à ce que la concurrence des pêcheurs disposant d'une embarcation à moteur et surtout celle des dragueurs de Loire rendent dérisoire cette activité manuelle et la condamne au début des années 50. 2

"Les tireurs de sable", 1894, Georges-François SOUILLET. (Musée des Beaux-Arts de Tours.)

 

 

Notes bas de page :

1 AD44 Délibérations du Conseil municipal Château-Thébaud, 1891.
2 Commission Archives de Château-Thébaud.

 

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